Homme du concret, Éric Daudelin est un chasseur ; il repère, tend ses pièges, observe, attend. Toute son œuvre est le fruit de cette traque permanente.
Claude Béland, pour l'exposition Détournement 2002
Une démarche, vous dites ?
Deux courants s'opposent : le premier rend compte des tensions du monde, le deuxième cherche à apaiser ces tensions. J'ai choisi cette deuxième voie. Donner corps aux rêves entrevus en espérant faire partager ses émotions à ses contemporains, cela ne se fait pas sans une certaine forme de séduction. Je cherche, ne serait-ce qu'un peu, et avec une grande économie de moyens, à influer sur la manière dont les gens posent l’œil sur ce qui les entoure. Celui qui connaît peu mon travail pourrait y voir une forme d'éclectisme, car j’utilise souvent des procédés très différents. Je me laisse guider par la matière et les phénomènes naturels, que ce soit l’eau, la neige, le vent ou la rouille sans restriction de techniques. Il s'agit plutôt d'une grande curiosité. Je navigue entre l’aléatoire et la rigueur, passionnant défi. Les œuvres chuchotent pour moi, à vous de tendre l'oreille.