Lise GAGNÉ

L’iconographie déployée dans le travail de Lise Gagné provient du vaste répertoire de la nature. Des êtres fantastiques relevant à la fois de l’animal et du végétal animent sa narration. Libérée de la représentation traditionnelle, cette faune onirique suscite le questionnement.

Gagné travaille conjointement avec la peinture et la photographie. Ses techniques mixtes sont des récits émergeant de ciels démesurés, de trouées dans les arbres, de marais et de sous-bois pleins de vie. Alors qu’elle interprète la peinture comme un travail d’archéologue, une sorte de forage de son subconscient, le côté utilitaire de la photographie répond à sa quête constante d’images. Il lui permet une captation rapide de notes et d’empreintes de territoires. Ce répertoire – en grande partie semi-abstrait – nourrit également sa peinture car un dialogue tout naturel s’installe entre les deux mediums. Depuis le début de sa pratique, le papier, un dérivé de l’arbre, demeure son support privilégié. Par ailleurs, plusieurs de ses photos ont été imprimées sur aluminium.

En s’exerçant à brouiller les pistes de lieux non identifiés avec ses forêts labyrinthiques, ses paysages inversés dotés d’effets de flou, de jeux d’ombres et de miroirs, Gagné nous convoque à flâner dans ses images. Le corpus qu’elle nous offre est un hymne à la beauté du monde. Il nous transporte dans l’au-delà, aux frontières du visible et de l’invisible.

Originaire de Montréal, Lise Gagné quitte le Québec en décembre 1973 pour parcourir la planète. Du Mexique à l’Argentine, de l’Afrique à l’Europe. En juin ’75, elle se pose en Allemagne d’où elle peut facilement continuer à voyager. Ses années sur la route lui permettent de découvrir des civilisations anciennes et des sites archéologiques importants, dont Stonehenge, la Vallée des rois, Louxor et Karnak, Cuzco et Sacsayhuamán, de s’émerveiller dans les grands musées, de se perdre dans les souks et les marchés colorés. Ce parcours initiatique la captive et transforme en «chasseresse d’images».

En 1980 elle migre à Winnipeg et étudie l’anthropologie axée sur les sociétés amérindiennes des Amériques au Collège de Saint-Boniface. De retour au Québec en 1981, elle s’inscrit en photographie au Collège Dawson et fréquente durant trois ans l’atelier du Frère Jérôme, son premier guide en peinture. Tout au long des années ’90, parallèlement à une carrière active en communications, elle poursuit des études en art à l’Université du Québec à Montréal avec une concentration en gravure. Durant cette même période, elle assiste régulièrement aux ateliers de modèle vivant donnés les samedis à l’Atelier Circulaire. Suivront plusieurs stages de perfectionnement avec notamment les peintres et graveurs Kittie Bruneau, Carlos Calado, Antoine Pentsch, Lorraine Bénic, Pierre-Léon Tétreault. Depuis 1994, Lise Gagné a participé à plusieurs événements individuels et collectifs au Québec. Son travail a été choisi pour faire partie d’un ouvrage regroupant des artistes internationaux, grands amoureux des arbres : Green Art: Trees, Roots, and Leaves, E. Ashley Rooney, Schiffer Publishing 2013.

 

Voir l’invisible, 2015

Voir l’invisible, 2015

Impression numérique Duracrome UV sur aluminium anodisé, 37 x 28 cm

Des ronds dans l’eau, 2014

Des ronds dans l’eau, 2014

Impression numérique Duracrome UV sur aluminium anodisé, 1|4, 35,04 x 51,48 cm

Entrelacs du silence, 2014

Entrelacs du silence, 2014

Technique mixte sur papier Arches, 65 x 50 cm

Une forêt dans la tête, 2014

Une forêt dans la tête, 2014

Photogravure sur papier, 5|6, 45 x 38 cm

Une forêt dans la tête, 2012

Une forêt dans la tête, 2012

photo numérique giclée sur papier d’artiste de type Arches, 1|5, 34,29 x 45,72 cm

Capteur de rêves, 2012

Capteur de rêves, 2012

Impression numérique sur aluminium apposé sur panneau 3/4, 38,6 x 51,4 cm

Poème barbare, 2011

Poème barbare, 2011

Technique mixte sur papier St-Gilles, 35 x 30 cm

Forêt liquéfiée 2/4, 2010

Forêt liquéfiée 2/4, 2010

Impression numérique Duracrome UV sur aluminium anodisé, 46,33 x 61,77 cm

Bâton de fortune, 2009

Bâton de fortune, 2009

Impression numérique Duracrome UV sur aluminium anodisé, 61,77 x 46,33 cm