Robert DESCHÊNES

Même si on le dit héritier indirect du mouvement « Action Painting » Robert Deschênes s’inspire ces dernières années à la fois de la nouvelle figuration et de l’expressionnisme zen « zenga », passant de l’abstraction à la figuration sans se trahir. Il ne se réclame donc d’aucun mouvement en particulier sauf des mouvements de l’imaginaire qu’il aborde de toutes les façons possibles.

Le souffle, le cri, le mot, la phrase et le discours se succèdent pour faire naître l’humain. Mais de l’image, du trait, de la tache, de l’ombre et de la lumière que peut-on dire ? Ils sont la subtile confession du sentiment tracé sur les murs pour garder l’empreinte de la vie qui s’apparente beaucoup plus au silence de l’être qu’à la parole. En parler lui semble toujours impossible. Ses toiles ne cherchent rien d’autre à exprimer que ce qui existe sans mot.

 Je conçois un tableau pour saisir une vision qui s’impose. L’image surgit de la gestualité et non de la pensée. Avant de peindre, je n’ai aucune intention préalable pour l’œuvre à naître. Je n’essaie pas de me réaliser par elle. Faisant vibrer mes sens dans la plus pure conscience de chaque geste, aucune autre dimension que celle qui resurgira ne sera conforme à cette réalité intérieure. Même si je suis présent à ma façon de tenir mes brosses, à ma posture physique, aux idées qui passent, du premier trait jusqu’à la signature, la toile se crée malgré moi. Seul le tableau qui émerge de lui-même respecte cette intégrité visionnaire. C’est alors que l’homme libre en moi sourit de cet instant. Je ne m’intéresse pas à la figuration, ni à l’abstraction, ni au dépouillement, ni à la surcharge encore moins à impressionner ou à déplaire.

Ses tableaux interrogent l’origine du genre humain, proposent une visualité de ses attaches à lui-même et tendent à révéler l’âme, l’être profond, l’inconscient ou encore l’intériorité.

 La métaphore fait partie intégrante de la pensée secrète qui les compose. D’une certaine manière, même si je ne recherche rien, inconsciemment je tente de saisir l’être dans son espace intérieur symbolique. Un laisser-aller contrôlé apparent, un ensemble qui suggère la sensibilité de l’être en transformation.

Ses tableaux aspirent à exister plutôt qu’à paraître. Pour chacun d’eux, il investit la même spontanéité, la même fureur, la même passion que s’il foulait pour la dernière fois le sol des vivants.

Robert Deschênes est né à Montréal, en 1950. Dès 1974, il réalise des décors de théâtre pour : Radio-Canada (Madame Bovary), Gilles Carle (Manon Last Call), Le Théâtre du Rideau Vert (Cantique des cantiques), l’Opéra de Québec (Seraglio) et la Place-des-Arts de Montréal (La flûte enchantée). En 1975, il ouvre la Galerie Gueul’Art tout en poursuivant son travail de peintre et, en 1985, il se fait connaître pour ses Charges d’éléphants. En 1983, au festival du Vieux-Québec, il réalise pour Carbone 14 une fresque Baby et signe la réalisation scénique de la pièce Le Rail à l’Espace Libre, à Montréal. En 1984, il crée une installation de plus de cent voitures peintes: Océan démontable , toujours pour Carbone 14.

De 1985 à 1989, il vit et travaille en France et présente ses œuvres dans son atelier aux Quais de la Loire à Paris, ainsi qu’à: la Délégation Culturelle du Québec à Paris, l’Espace contemporain de la Bastille, l’atelier Plac’Art de Paris, la Galerie Michel Guinle à Lyon, et une rétrospective de ses œuvres sur voitures, à Tours. En 1987, des œuvres monumentales et une série de performances (Car|casse) sont conçues pour la R.A.T.P au Château Fontenay-les-Briis. La même année, une performance pour Canal Plus est présentée au Cirque d’Hiver de Paris. Fin 89, à son retour au Québec, dans les Bois-Francs, il écrit : À l’heure des chiens sans laisse (non publié) et expérimente dès 1999 une série de peintures abstraites dont les influences sont tirées de la pratique du zen. Au Québec, ses œuvres ont été exposées au Musée d’art des Laurentides, à la Galerie Bernard, à la Galerie Récréation ainsi qu’à la galerie Magog-Art Contemporain.

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* : Œuvres disponibles mais non en galerie.

Le petit moine haut perché, 2018

Le petit moine haut perché, 2018

Acrylique sur toile, 101 x 137 cm

Monts et brumes, 2017

Monts et brumes, 2017

Acrylique sur toile, 122 x 61 cm

Le silence des vagues, 2017

Le silence des vagues, 2017

Acrylique sur toile, 122 x 76 cm

Grand air, 2017

Grand air, 2017

Acrylique sur toile, 122 x 76 cm