Raymond DUPUIS

D’origine autochtone malécite, Raymond Dupuis traite souvent de son intime recherche identitaire dans son travail. Il dessine la territorialité mnémonique, réinventant des rythmes et signaux aux racines immémoriales. Il sédentarise son œuvre par des cartographies de dérives psycho-géographiques. L’artiste revendique la présence des traces et des signes qui témoignent de ses origines.

Ses premiers assemblages, ressemblant à des totems, sont construits à partir de pièces d’appareil électroniques divers. Il y ajoute aussi des symboles propres aux peuples autochtones Hopi et Navajo du Nouveau-Mexique. Ses pièces lui permettent de donner une voix à ces peuples anciens par l’entremise d’éléments de communication moderne désuets. Il tente d’établir un rapport cohérent et de trouver l’équilibre entre les cultures traditionnelles et la modernité des sociétés d’aujourd’hui.

L’artiste entretient un rapport très fort au territoire et l’illustre à travers une série d’œuvres amalgamant huile, collages et photographies. Il essaie, dans cette mise en scène, de reconfigurer les territoires oubliés et perdus de ses ancêtres. Ses travaux rendent compte d’un lent glissement du temps dans l’expérience urbaine, en éclairant d’un jour nouveau son “amérindianité”. Ils mettent de l’avant l’héritage culturel de ses précurseurs à travers les réalités du monde contemporain. Il se sent Malécite dans la forêt et québécois en milieu urbain, il est donc Métis et l’exprime dans ses œuvres.

« Je pense qu’il existe des espaces intermédiaires entre les êtres et les lieux. Je parle dans mes travaux d’opposition et de complémentarité, d’espace-temps, de solitude, de construction et de déduction. Je remets en question la perception où une autre mémoire réside. J’essaie surtout de reconfigurer les territoires oubliés et perdus afin d’explorer cette vision mal définie de nos déracinements. Je retrace la mémoire douloureuse de mon passé, à travers les vents d’une longue migration. Mes oeuvres soufflent sur les doutes, les errances et les difficultés d’être autochtone dans l’expérience urbaine. L’importance pour moi d’exprimer et de retracer l’urbanité de mon peuple prend racine dans le fait de la dispersion de la nation malécite sur l’ensemble du territoire québécois. Je suis l’espace où je suis dans l’architecture de l’âme où s’infiltre l’après-sentier. J’habite malgré moi le lieu de l’errance inqualifiable tout en assumant ces espaces trop tranchés entre les stationnements et les cadastres gazonnés. J’habite toujours malgré moi l’identité ressentie sur des trottoirs beaucoup trop explorés, tout près de l’indifférence, jusqu’au fond du silence des lieux anciens. » Raymond Dupuis

Fils d’un père Métis et d’une mère québécoise, Raymond Dupuis est né en Nouvelle-Écosse et a acquis sa formation artistique à l’Institut des arts appliqués de Montréal, de 1964 à 1967. Depuis, il a présenté plus de 30 expositions individuelles à Montréal, New York et a participé à de nombreuses expositions collectives au Canada, aux États-Unis, en Europe et à Taiwan. Ses peintures, sculptures et assemblages se retrouvent au sein d’importantes collections publiques au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique et à Philadelphie.

Sans titre 7, 2016

Sans titre 7, 2016

Collage et encre sur papier, 22,5 x 30,5 cm

Sans titre 6, 2016

Sans titre 6, 2016

Collage et encre sur papier, 22,5 x 30,5 cm

Sans titre 5, 2016

Sans titre 5, 2016

Collage et encre sur papier, 22,5 x 30,5 cm

Sans titre 4, 2015

Sans titre 4, 2015

Collage et encre sur papier, 28 x 34 cm

Sans titre 3, 2015

Sans titre 3, 2015

Collage et encre sur papier, 28 x 34 cm

Sans titre 2, 2015

Sans titre 2, 2015

Collage et encre sur papier, 28 x 34 cm

Sans titre 1, 2015

Sans titre 1, 2015

Collage et encre sur papier, 28 x 34 cm

Colibri de l’immédiat, 2014

Colibri de l’immédiat, 2014

Huile sur toile, 102 x 102 cm

Comme silence mesuré, 2014

Comme silence mesuré, 2014

Huile sur toile, 102 x 102 cm

Au matin des translointains, 2013

Au matin des translointains, 2013

Huile sur toile, 102 x 112 cm

À la limite du lieu, 2010

À la limite du lieu, 2010

Huile sur toile, 122 x 92 cm

Refuge des labyrinthes urbains, 2013

Refuge des labyrinthes urbains, 2013

Huile sur toile, 83 x 83 cm

Tout près  du temps qui passe, 2013

Tout près du temps qui passe, 2013

Huile, encre et photo, 92 x 92 cm

La vitesse du visible, 2011

La vitesse du visible, 2011

Huile sur toile, 92 x 102 cm

Fragments de l’inévitable, 2005

Fragments de l’inévitable, 2005

Assemblage, 109 x 41 cm

la trace d’une vision, 2003

la trace d’une vision, 2003

Assemblage, 44 x 102 cm

L’oiseau toujours plus lointain, 2001

L’oiseau toujours plus lointain, 2001

Assemblage, 117 x 59 cm